Interview parue dans Séries Mania HS n°12 et transcrite par Aeris

Merci à Aeris et son site Buffy's Spirit de m'avoir autorisé à utiliser ce transcripte sur David.

-Vous devez être très content de la tournure que prend votre carrière, avec cette nouvelle série dérivée, Angel ?
Oui, en effet, c'est très stimulant. Lorsque Joss Whedon m'a parlé de cette possibilité, il y a deux ans, je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Mais le projet a naturellement progressé, il est devenu peu à peu de plus en plus présent dans nos esprits, et à force d'y penser, c'est devenu une opportunité qu'il fallait saisir. Pas seulement pour la production, c'est à dire Joss Whedon et David Greenwalt, mais aussi pour avoir une série de qualité à la suite de Buffy.

-C'est incroyable que vous ayez été découvert complètement par hasard, alors que vous vous promeniez dans la rue…
[ rires ] C'est curieux en effet. J'étais en train de me promener dans la rue à Los Angeles, avec mon chien, lorsque j'ai été arrêté par un producteur qui m'a dit " Eh, vous seriez parfait pour ce rôle ". Du coup, j'ai cherché un manager et j'ai eu beaucoup de chance parce que j'en ai trouvé un très bien. C'est comme ça que tout a commencé pour moi.

- Les évènements dramatiques de Columbine [ une fusillade meurtrière dans un lycée américain ] ont marqué la fin de la troisième saison de Buffy. Avez-vous compris la décision de la WB de déprogrammer ces épisodes ?
En fait, je continue de penser que rien n'arrive jamais sans raison. C'est un incident vraiment tragique qui s'est produit à Columbine, et je comprends la réaction de la chaîne. En même temps, il y avait une grande attente à propos de la fin de la troisième saison de Buffy, et tout le monde essayait de savoir ce qui allait se passer en cherchant des copies canadiennes sur Internet. Il y avait un engouement particulier pour savoir ce qui allait arriver à Angel, comment il allait quitter Sunnydale… C'était très important pour le lancement d'Angel.

- Vous interprétez le personnage d'Angel depuis un petit moment. Que pensez-vous de lui ?
Je pense que c'est une personne très obstinée. Il est extrêmement rebelle et obsédé par lui-même, parce qu'il ne sait pas quel chemin suivre. A l'heure actuelle, il a beaucoup de difficultés à s'intégrer et fréquenter les humains. Il est prisonnier de son propre monde depuis si longtemps qu'il a besoin de quelqu'un pour le propulser littéralement de l'autre côté du mur et lui dire : " Allez, sors de là, intègre-toi ! ". Et je pense que c'est ce que Doyle, un nouveau personnage d'Angel [ interprété par Glenn Quinn ] fera pour lui. Angel est une créature de la nuit. Il réprime ses propres passions, du moins en ce qui concerne ses paroles. Certes, c'est un être sombre, mais qui aime aussi faire autre chose que ressasser.

- Que pensez-vous de la position de série-culte qu'est en train d'acquérir Buffy ?
Je pense que c'est bien pour les personnes qui apprécient de voir à la télévision des histoires mêlant des vampires démoniaques et la mythologie. Ce côté culte ne fait que donner plus d'importance à la série. Buffy bénéficie d'un public très fidèle depuis le début. Le succès commercial n'est arrivé que plus tard. C'est d'ailleurs le public qui m'a encouragé tout au long des hauts et des bas de mon personnage.

- Pensez-vous que c'est un signe des temps qu'un anti-héros soit si populaire ?
Hmm. C'est comme Matrix [ rires ]. Je pense en effet que les temps changent, avec l'ère de l'informatique. C'est un langage différent, c'est intéressant, et c'est bien d'y prendre part, mais d'un autre côté, c'est un peu effrayant. Il y a le risque que certaines personnes se referment sur eux-mêmes et cessent de s'amuser. Ca peut les bloquer, comme Angel [ rires ].

- Votre père qui était présentateur météo est en quelque sorte un artiste qui a l'habitude de la scène. Cette expérience familiale vous a t-elle encouragé ? Et pourquoi avez-vous déclaré que Yul Brynner était votre héros quand vous aviez sept ans ?
A sept ans -c'est vraiment une façon saisissante de découvrir le métier, d'autant plus fantastique que c'était en live. J'étais cloué à mon fauteuil, et j'ai été vraiment saisi par sa passion et l'amour qu'il avait pour ce qu'il faisait. J'étais au cinquième rang, les yeux rivés sur la scène. Et j'ai senti que ça me tombait dessus. Quant à mes parents, ils me soutenaient quel qu'aie pu être la voie que je choisissais. Le divertissement ? Super, ils m'auraient soutenu,u. Si je voulais être médecin, ils m'auraient soutenu. C'est ce que ma famille m'a inculqué, et ce que ma maman et mon papa m'ont toujours dit, ça a été : " Génial. On est avec toi. On t'aime. ", mais ils m'ont également mis en garde contre les mauvais côtés de cette profession. Genre : " Tu ne travailleras pas peut-être tout le temps. Tu connaîtras des creux. Tu auras des problèmes. Du moment que tu le fais en parfaite connaissance de cause, nous sommes avec toi.

- Lorsque vous n'étiez pas encore acteur, quand vous faisiez des petits jobs pour vivre, vous contentiez-vous simplement d'attendre des jours meilleurs ?
Non. Lorsque j'étais voiturier, je me disais " Mais qu'est-ce que tu fous là ? ". J'étais vraiment déprimé et triste. Je jouais de temps en temps, et j'avais toujours dans ma poche un livre de textes et je les apprenais tout en travaillant. Je me suis vraiment accroché pour faire ce que je voulais faire et pour survivre. J'ai appris beaucoup de moi-même pendant cette période et j'en ai tiré grand profit. J'ai rencontré des gens intéressants. Mais lorsque je regarde en arrière, je me dis que c'était vraiment difficile et je ne voudrais pas y retourner. Aujourd'hui, je me sens vraiment privilégié de faire ce que je voulais réellement.

- Vous gardez la tête froide face au succès. Quel est votre secret ?
Ma famille. J'ai beaucoup de chance d'avoir des parents merveilleux ( Patti et Dave Roberts ). Ils me soutiennent beaucoup. Mon père est une idole. Il est présentateur météo à Philadelphie depuis plus de 35 ans. Mes deux sœurs sont également dans l'industrie cinématographique.

- Vous avez un héros ?
Bertha Blue ! C'est ma chienne. C'est un amour. Ce n'est pas un chien de race, c'est un bâtard.

- Quel est votre passe-temps favori lorsque vous ne travaillez pas ?
Les chevaux. J'aime monter à cheval, mais je ne le fais pas aussi souvent que je le voudrais. Si je n'étais pas comédien, je travaillerait avec des animaux, probablement des chevaux. Je vois des chevaux dans mon avenir, quelque part.

- Quel sont vos groupes de musique favoris ?
J'ai des goûts très classiques en matière de Rock'n'Roll : les Rolling Stones, Bon Dylan, les ( Greatful ) Dead. Et j'adore le Blues. On peut ressentir plein de choses à travers la musique.

- Vous venez de Philadelphie. Qu'appréciez-vous particulièrement là-bas ?
C'est à Philadelphie qu'on trouve les meilleurs Cheese Steaks du monde. Je suis aussi un grand supporter des Philadelphia Eagles et des Pittsburgh Steelers. Je jouais au football lorsque j'étais à l'école.

- Répondez-vous au courrier des fans ?
J'aime recevoir des nouvelles de mes fans. J'essaie de répondre à un maximum de messages, et parfois j'en appelle certains au téléphone. Je n'ai pas d'adresse e-mail personnelle, mais vous pouvez trouver des informations de mon fan-club sur lez site weber de la Warner Brothers ( dont l'adresse postale est : Warner Bros Television Network, 4000 Warner Blvd, Burbank, California ).

- Quel aspect du métier d'acteur préférez-vous ?
Prendre des accents. Je suis un bon imitateur. J'adore prendre l'acent new-yorkais ainsi que les accents anglais -londonien-, allemand et italien.

-Quel autres acteurs admirez-vous ?
J'admire Gay Oldman, Liam Neeson, Leonardo DiCaprio, Al Pacino, Willem Dafoe, Gwyneth Paltrow, Marlon Brando, Robert DeNiro, et j'adorerais travailler avec Martin Scorsese.

-Quel est la chose que vous détestez le plus dans le fait de faire une série hebdomadaire ?
Devoir refuser des offres de rôles au cinéma depuis que je fais des séries. J'ai eu une offre pendant une suspension, mais je suis finalement parti en vacances en Afrique du Sud. Ca a été d'ailleurs une expérience inoubliable. D'autres propositions interféraient avec la série. Or je pense que l'on doit toujours faire mieux et si le travail est un peu bâclé, ce qui est la cas lorsqu'on fait deux choses en même temps, on ne se sent pas bien.

- Avant de débuter réellement votre carrière de comédien, quel est le pire métier que vous ayez fait ?
Voiturier ! C'est usant ! C'est vraiment le pire métier que j'ai jamais fait.

- De tous les vampires, pourquoi pensez-vous qu'Angel ait une conscience ? Pourquoi pensez-vous qu'il ait quelque chose à faire de l'humanité ?
Ben, il a été maudit par les bohémiens. Et quand il s'est transformé en vampire, il a semé le chaos, il est devenu une créature méchante, tourmentée et tortionnaire. Il prenait vraiment son pied à torturer les gens avant de les achever. Et il adorait voir leur regard, leur souffrance et leur perte. Il n'y avait aucun remède -pour ainsi dire. Il s'en est pris aux bohémiens, et les bohémiens ont bien compris ce qu'il était, et ils ont voulu qu'ils sente à son tour tout le mal qu'il a pu commettre. C'est ce qui s'est passé, il se souvient de toutes ses victimes et de la destruction qu'il a semée sur sa route. Cette conscience, c'est une vraie plaie !

- Et comment fait-il donc ?
Il s'abreuve de sang de porc. Il va à la boucherie-charcuterie du coin. Son régime diététique quotidien est le sang. Il mange, il boit la nourriture normale, mais n'en vit pas. Comme il est complètement mort, il le fait seulement pour être comme tout le monde. Mais il ne l'est pas -il n'est pas normal. Alors il doit avoir sa dose de sang quotidienne.

- Ca ne dérange pas le boucher ?
" C'est quoi ton problème mec ? " Vous savez, je le paie cher ! [ rires ]

- Une histoire entre Angel et Cordélia, le personnage interprété par Charisma Carpenter, est-elle à l'ordre du jour ?
Non pas du tout. Il faut tout de suite vous enlever ça de l'esprit parce que ça n'arrivera jamais.

- Vraiment ?
Oui.

- Dommage pour vous...
Je sais bien… Mais je pense qu'elle est destinée à quelqu'un d'autre.

Propos recueillis par Marion Ross