David Boreanaz dit au revoir

Date : 22|06|04

Traduction : Kéline

Source : Dark Commandos

Merci à Aeris et son site Buffy's Spirit pour m'avoir autorisé à utiliser cette traduction.

Inutile de le préciser, la WB est sur le point de diffuser le dernier épisode d'Angel, "Not Fade Away." Au moment de la fin de la série, David Boreanaz a pris le temps d'une discussion exclusive pour résumer ses sentiments sur la série, le fait d'interpréter Angel et la nouvelle direction que prend sa vie.

Question : D'après ce que je lis, vous avez l'air plutôt prêt à passer à autre chose.

Réponse : Ouais. [rire]. Je l'avais pas mal ressenti l'an dernier mais quand ils ont un peu transformé la série cette année c'était une bonne chose pour la structure de l'histoire, les gens et les fans. Finalement ça a été une année assez agréable pour moi. Probablement la meilleure depuis la première saison.

Q : Vraiment?

R : Oui, cette année s'est avérée être meilleure que je ne le pensais en termes de personnages et d'intrigues. Mais juste en général, en ce qui concerne la série, ça me démange depuis un an, un an et demi. Je m'en remets toujours au schéma suivant : à chaque fin de saison, j'analyse ce qui a été fait, jusqu'à ce que la série soit renouvelée et je repars de là. Alors quand j'ai appris par Joss que la série était annulée, je n'ai pas vraiment eu de réaction. Pour moi, on prend la série aussi longtemps qu'on peut, on travaille dessus, on travaille sur un personnage pendant X années, on construit des choses et ça fait partie de votre CV. Pour moi, j'étais presque soulagé d'une pression, en quelque sorte. D'entendre cette nouvelle, ça a vraiment ôté un poids énorme de mes épaules. Ce n'était pas comme si je me réjouissais, mais en même temps ça semblait juste.

Q : Mais d'après ce que vous disiez, vous étiez arrivé à un point où vous étiez prêt à partir avant même qu'ils ne retravaillent la série.

R : Il y avait une partie de moi l'an dernier qui voulait partir. L'an dernier à la même époque ils ne savaient même pas si on allait revenir et j'avais déjà accepté le fait que ce ne serait pas le cas, mais, comme je l'ai dit, je l'ai fait à presque chaque saison. Dans ce métier, les choses se produisent tellement vite que je me suis toujours concentré sur le premier épisode à faire, puis le suivant, sans m'inquiéter des intrigues et de l'orientation que prend le personnage. Je reste toujours un peu dans l'imprévu, parce qu'on ne sait jamais ce qui va se passer. J'ai une assez bonne emprise sur la situation. Se balader en pensant que ça ne va jamais s'arrêter ou qu'on est invincible - je pense que c'est un des pièges d'Hollywood, on doit faire très attention et rester conscient de qui on est en tant que personne. Et il faut conserver des bases solides, ce que j'ai appris de mes parents en grandissant. Ils m'ont donné ça et et ça m'a aidé considérablement pour traverser des moments comme l'an dernier, ou comme cette année. Vraiment, ça devient lassant d'entendre les gens me demander "Qu'allez-vous faire maintenant?" Je sais ce que je vais faire, les cartes sont sur la table et je n'ai plus à me soucier d'essayer de loger un tournage pendant la période de hiatus. J'ai toute ma vie devant moi et les occasions vont être inestimables. J'attends les défis avec impatience. C'est ce qui est enthousiasmant dans le fait d'être un acteur, un producteur ou un réalisateur dans ce business. On continue à grandir et à se créer en tant qu'artiste. C'est là que j'en suis. C'est enthousiasmant et rafraîchissant d'en être à ce stade.

Q : Beaucoup de gens finissent en effet par être réduits à leur série et leur rôle, à un tel point que quand ça se termine, ils ne savent pas quoi faire d'eux-mêmes.

R : J'ai toujours fait attention à ça. Mais même avec les rôles que j'ai joués pendant les hiatus, il y a toujours eu un peu d'Angel avec moi. C'est un personnage très bien écrit et il a une personnalité multiple. Quand on définit un personnage et qu'on le joue, je pense que chaque acteur ressent ce qu'il a puisé en lui et qu'il l'utilise au mieux de ses capacités, en s'en servant pour lui plutôt que contre lui. C'est de cela qu'il s'agit. On fait des choix et on les fait pour les bonnes raisons et on reste fidèle à cette conviction.

Q : Vous avez dit que la première et la cinquième saisons étaient les meilleures selon vous. Est-ce parce que vous préférez les épisodes plus indépendants?

R : Le simple fait de faire décoller la série a représenté beaucoup de travail et de frustration, et beaucoup de choses folles se produisant dans ma vie. J'ai été réellement bombardé de tonnes de choses et je ne savais pas ce qui allait se passer. On était un peu sous le coup d'une grande anxiété et dans cette énergie d'essayer de capter ce qui se passe et de le laisser s'échapper. C'était vraiment assez intriguant et frais. Je ne me souviens pas vraiment des saisons deux et trois. La quatrième a simplement été une année difficile et la cinquième - peut-être que c'est la structure plus indépendante des épisodes. J'ai simplement apprécié le confort de ces différents types d'épisodes qui venaient à moi.

Q : L'une des choses que j'ai appréciée dans la série - et je suppose que c'était également le cas pour Buffy - c'est qu'il n'y avait jamais de crainte à faire faire aux personnages quelque chose qui soit contraire aux attentes du public; qu'ils puissent être plus sombres que la plupart des personnages. Mais avec tous les problèmes de censure et toutes ces bêtises, pensez-vous que la fin d'Angel pourrait aussi être la fin d'une ère en ce qui concerne ce genre de prises de risques?

R : Je pense que le câble est le nouveau refuge en matière de télévision extrême. Je pense que les réseaux câblés prennent plus de risques que les grandes chaînes. C'est dommage. Toute cette censure, pour être honnête, je pense que la réaction à cela est exagérée. Les gens devraient se calmer, accepter les changements et s'adapter. On ne vit pas dans les années 50, il ne s'agit pas de la télé en noir et blanc avec trois chaînes. Il y a une multitude de choix qui vont dominer l'industrie dans cinq ans - tout change et c'est effectivement la fin d'une ère. Vous assistez même à la fin des séries dramatiques d'une heure, malheureusement. Ce sera encore là, mais dans un format différent. Déjà la télé réalité à elle seule décolle réellement parce que c'est l'argent de la pub qui parle et que Madison Avenue a l'occasion d'exploiter ça. C'est là que les média se situent actuellement. Regardez toutes les séries arrivées à la mi-saison et qui ont été annulées. Les chaînes ne laissent pas une chance aux bonnes séries parce que c'est plus facile de se faire du fric en voyant Suzie se faire Joe dans la cour devant les caméras. Tout ça n'a pas beaucoup de sens pour moi ; c'est assez ridicule. Mais dans la société d'aujourd'hui, avec la situation des Etats-Unis, les gens veulent suivre ça à vitesse grand V ; ces dilemmes, ces luttes et ces conflits. Je pense que la série dramatique sera toujours là et que la comédie sera toujours là, c'est juste que ce sera sous une autre forme. C'est effectivement la fin d'une ère pour Joss et pour les vrais auteurs. Avec Angel , je pense que la façon dont nous avons terminé cette année est comme un livre avec une fin ouverte. On voit un peu les personnages partir en se battant, ce qui à mon avis a toujours été prédominant pour Angel depuis le début de la série. Il va toujours se battre et je pense que c'est le cas aujourd'hui de l'humanité et de toutes les choses qui se passent dans le monde.

Q : Au cours de la série, diriez-vous que l'éventail de ce que vous avez pu jouer a été plutôt inhabituel pour la télévision? Je veux dire en termes de passage de l'humour à des choses plus sombres.

R : Oh oui. J'ai tout simplement pensé que c'était un parcours fantastique que de pouvoir faire ça. Et c'était génial pour moi, parce qu'à présent cela me permet de puiser dans ces genres-là à différents niveaux et d'élaborer là-dessus pour d'autres rôles. Je peux utiliser ces opportunités pour obtenir certains rôles ou me retrouver dans certaines situations ou encore pour me présenter à certains réalisateurs et entreprendre de nouveaux projets. J'ai vraiment apprécié la flexibilité du personnage et la manière dont les scénaristes m'ont permis d'agir sur lui et d'évoluer. J'ai bien accueilli tout ça et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai tellement apprécié cette expérience.

Q : De votre point de vue, Angel a-t-il évolué entre le début de la série et sa conclusion ?

R : Je pense que l'évolution personnelle de son personnage est constante. Je pense que pour ce genre de personnage il n'y aura pas de fin à son évolution. Quant à sa situation actuelle et l'ancienne - mon Dieu ça a été chaotique. Ce type est complètement sorti de l'ombre, s'est ouvert et s'est montré plus vulnérable, avec une meilleure vision de lui-même et des gens qui l'entourent. L'évolution est incroyable; émotionnellement il a évolué dix fois.

Q : S'il n'y avait plus jamais d'autres aventures d'Angel, où diriez-vous que nous laissons ce personnage?

R : En pleine bataille. Une bataille pour lui-même et pour l'humanité, pour ainsi dire. Luttant pour la qualité et pour continuer de se battre pour la bonne cause, quelle que soit cette bonne cause.

Q : Qu'aimeriez-vous qu'on retienne d'Angel le personnage et d'Angel la série?

R : Encore une fois, tout simplement un sens du risque, un sens du style. Une façon unique d'exprimer une histoire d'une manière différente; une façon unique pour le personnage d'interagir avec les autres, d'évoluer en différentes sortes de personnages, d'être en changement constant; l'agitation et le conflit intérieur. Je pense qu'il y a tellement à retenir et tellement dont on peut être fiers dans cette série. Et son utilisation de la mythologie, du texte, du langage et simplement de la texture, de la manière dont elle était tournée. On s'en souviendra pour de nombreuses raisons.

Q : Quand la série a été annulée, avez-vous été surpris par l'intensité de la réaction des fans et leurs tentatives pour la sauver?

R : Les fans sont tellement dévoués, et c'est agréable à voir. Même quand la chaîne nous a déplacés, ils nous suivaient quand même. C'est un réel témoignage de qui sont ces gens, à quel point ils aiment l'histoire et ne veulent pas laisser tomber. C'est un mal pour un bien et c'est assez doux-amer pour nous tous. Amer pour les fans et doux pour nous de pouvoir partir de cette manière avec l'impression que les gens en veulent plus, plutôt que d'avoir l'attitude "Vous en êtes à la septième saison, vous avez Angel Jr. qui se balade." Il y a du bon en toute chose et je crois que tout cela est un bienfait. On le prend ainsi et on avance.

Q : Etes-vous intéressés par ces téléfilms Angel dont on a parlé?

R : Non. Je suis intéressé par un film pour le cinéma, et il faudrait qu'il soit bien fait, il faudrait que la barre soit plus haute. J'ai toujours pensé que ça pourrait faire un très bon film avec ces personnages. Même si Buffy devait revenir, je pense que toute la mythologie serait vraiment incroyable à voir. Je crois beaucoup en tout cela et je pense que cela pourrait voir le jour à un moment donné. Je ne vois pas un téléfilm dans l'avenir. Bien sûr je parle pour moi, à cet instant précis.

Q : Avez-vous déjà un nouveau projet en vue?

R : J'en ai en vue. En réalité j'en ai plusieurs et j'essaie de décider lequel je veux faire. Il y a quelques films indépendants qui sont assez petits et correspondent à ce que j'ai envie d'essayer. Il y a aussi la possibilité d'un film à plus gros budget avec un plus petit rôle. Je pèse le pour et le contre actuellement.

Q : Y a-t-il une direction dans laquelle vous vous voyez aller?

R : Des rôles du genre de ceux de Harrison Ford ou Clint Eastwood. Des hommes d'action. Des personnages sans peur. J'aime les personnages vraiment en conflit avec eux-mêmes, j'aime les personnages à qui il arrive pas mal de choses et contre qui le sort s'acharne, et qui doivent renaître de leurs cendres. Je suis vraiment attiré par ce genre de rôles. C'est agréable pour moi. J'aime un mec du genre de Joe Luis : on peut le mettre KO, mais il est toujours capable de se relever. J'aime les personnages spirituels, j'aime les personnages romantiques - beaucoup de gens n'ont pas vu cette partie de moi, et ça va être un défi de montrer ce côté de moi, y compris l'humour et ce genre de folie. Pour moi ça dépend vraiment des personnes impliquées, du scénariste et du réalisateur.

Q : Vous avez l'air d'un homme prêt à affronter son nouvel avenir.

R : Je suis très enthousiaste. Comme je l'ai dit, je tourne une page et j'ai méchamment hâte d'écrire un chapitre.